pierres qui roulent

près de thorong-la, népal, mai 2007

dans la tranquillité de cet après-midi lumineux, le sentier très étroit s’annonçait dangereux. le panneau nous avait prévenu d’une zone d’éboulement possible, mais sans préciser qu’elle s’étendait sur plusieurs centaines de mètres. nous étions très proches de notre destination de la journée, thorong pedi à 4500 mètres d’altitude, la dernière étape avant de franchir la fameuse passe qui nous tenait en haleine depuis 10 jours : thorong-la, à 5416 mètres. il nous avait fallu plusieurs journées d’acclimatation progressive à l’altitude pour éviter les différents maux énumérés par les médecins basés le long du trajet, notamment les oedèmes pulmonaires ou cérébraux. il nous avait aussi fallu nous habituer à l’accélération de notre pouls et aux hésitations de notre souffle, normales à cette altitude. et demain matin, à 5 heures, ce sera l’ascension finale : une élévation de 1000 mètres, puis une descente vertigineuse de 1500 mètres vers la prochaine auberge, une longue et fatigante journée en vue.

soudain chandra, mon guide, me fait signe de m’arrêter et de demeurer près d’un gros rocher providentiel. il se trouve à une dizaine de mètres en avant de moi et regarde anxieusement vers le haut de la pente d’où dévalent des petits cailloux. soudain il bondit sur le côté et disparaît au détour du sentier, les petits cailloux qui dégringolaient se transforment maintenant en une avalanche de pierres prenant une grande vitesse grâce à la forte inclinaison de la pente. je commence par trouver ça plutôt amusant et, blottie derrière mon rocher, je filme durant plusieurs secondes la pluie de pierres qui passent à quelques dizaines de centimètres de moi. mais quand un caillou frappe mon épaule, je sias que ça peut mal tourner. je plonge alors contre la montagne en tenant mon chapeau de cuir australien quelque peu surélevé au-dessus de ma tête, dans le faible espoir d’amortir le choc d’un éventuel caillou sur ma tête. c’est alors que les « vvvvvvvhhhh » inquiétants commence et je risque quelques coups d’oeils pour voir passer des missiles de pierre lancés à folle vitesse, qui ne touchent pas terre durant plus de 500 mètres, avant de s’écraser au sol au dessous de moi. j’essaye d’entrer dans la montagne, de me fondre dans la roche comme un lézard, mais je sens mes pieds glisser lentement et perdre peu à peu leur appui sur le sol graveleux…

puis tout aussi tranquillement qu’elle avait commencé, l’avalanche s’arrête, après quelques minutes d’une véritable angoisse, et je peux rejoindre un secteur sans danger et mon guide. chandra, en me voyant apparaître, me dit d’une voix étranglée et les yeux embués: « je pensais que tu étais finie »…

cet incident fut le seul danger de notre trek de 12 jours autour de l’annapurna, qui nous mena de villages en villages dans des endroits fabuleux. et même si la saison des pluies apportent des nuages qui bloquent parfois les vues autrement spectaculaires, j’ai découvert une région, des paysages, et surtout des gens fantastiques. avis aux amateurs : ce trek népalais ne sera pas le dernier!

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3 commentaires

  1. Bernard, le 29 mai 2007 à 6:49 am

    Très heureux de te savoir saine et sauve!

    Les Alpes suisses vont te sembler bien petites et inoffensives après ton périple sur le toit du monde.

    J’ai hâte de voir tes prochaines photos!

    Bernard

  2. Elaine, le 29 mai 2007 à 3:02 pm

    Good to see you’re alive! I just had a look at the pictures, and I have to say, that looks like one magnificent trek. I seriously envy you, even if it was probably a lot of hard work and you got dirty and probably couldn’t wash for nearly two weeks. What an experience!

    I owe you an e-mail, and at some point you’ll get it. Promise. :-)

    I look forward to hearing about and seeing more of your next adventure…

  3. haikuboxer, le 29 mai 2007 à 9:39 pm

    hosti taberwitte!!