po.po

étoffes monastiques, lhassa, mai 2007

patience: après avoir cliqué, ça prend du temps avant de démarrer…
be patient: it takes a long time before the film starts…

témoignage d’un professeur d’art traditionnel tibétain (en anglais)

j’étais en train de photographier les nombreux pélerins qui tournent autour du temple jokhang au cœur de lhassa, au tibet, lorsqu’un homme s’est approché de moi. ça arrive régulièrement : les tibétains sont curieux et viennent volontiers regarder les photos que je prends, ils demandent à voir mon appareil ou restent plantés à côté de moi en jetant des petits coups d’œil très peu discrets en direction de mes sujets et de mon écran. parfois ils veulent tout simplement pratiquer leur anglais; peu d’entre eux le parlent, mais beaucoup espèrent l’apprendre et être ainsi capables de devenir guides pour les touristes, pas pour les chinois, pour les étrangers. les quelques tibétains avec qui j’ai pu parler librement m’ont tous confié ne pas aimer les chinois, certains refusant même d’apprendre leur langue, alors que le tibet fait officiellement partie de la chine. certains d’entre eux, ont évoqué le dalaï-lama, en exil en inde : un jeune homme avait même une petite photo de lui autour du cou, soigneusement dissimulée car le simple fait de la porter peut entraîner des conséquences très graves. en effet, au tibet il est interdit de posséder ou de montrer les images du dalaï-lama, interdit sous peine de mort. et interdit d’en parler. une autre personne rencontrée m’a montré un talisman béni par le dalaï-lama, il en était tout ému ce vieux moine avec lequel nous ne pouvions échanger que des bribes d’information et des sourires, dans le bus qui me ramenait du temple drepung.

et il y a eu cette rencontre avec po.po, curieux de voir mes photos, et avec qui j’ai finalement passé près de trois heures. il m’a fait découvrir des temples dans lesquels les touristes ne vont pas et qui ne sont pas dans les guides, il m’a expliqué des tas de choses sur les trésors tibétains pillés et m’a présenté son travail : auparavant professeur d’architecture, il est maintenant professeur d’art et s’occupe de 700 élèves, hors de l’école officielle, et leur apprend les techniques traditionnelles de peinture, sculpture et de travail du bois, afin de construire les différentes pièces commandées par les temples ou encore pour exécuter des travaux de rénovation, principalement dans des temples à l’extérieur de lhassa. son école n’a pas vraiment de nom, il la définit simplement comme « traditionnelle » et m’assure qu’il est connu partout pour son travail. ensemble nous avons visité trois des différents ateliers où ses élèves étaient sagement en train d’exécuter différentes pièces, en plus des trois temples bouddhistes dissimulés dans le labyrinthe des ruelles de lhassa. finalement nous sommes allés prendre un thé masala (avec du sucre et du lait de yak) dans une maison de thé locale. po.po avait beaucoup à dire, beaucoup plus que ne le permet cette page ou son témoignage vidéo…

télécharger le vidéo (anglais, 2750ko, 2:41 min)


a traditional tibetan art teacher explains his work (in english)

po.po has 700 students that are learning the traditional way of painting, carving, sculpting, and building different new pieces ordered by temples, or to make some renovation work all around tibet. he showed me different temples around lhasa that aren’t touristical at all and then we had some masala tea (with yak milk) in a local tea house. he had a lot to say, much more than what can be said here or in the video…

download video (english, 2750ko, 2:41 min)

< armée enterrée

om mani padme hum >