de toute beauté…

milford sound, nouvelle-zélande, février 2007

de toute beauté… j’emploie souvent cette expression, mais elle est exactement appropriée pour décrire un pays, son île du sud tout au moins, qui a été béni par les dieux au moment de sa conception. partout des montagnes, de grandes montagnes élégantes qu’ils appellent “alpes du sud” (pourquoi reprendre cette appellation d’origine contrôlée, je me le demande…?) ou des collines douces, boisées ou non. une des particularité de ces “alpes” est qu’elles continuent de croître: malgré l’érosion et les pluies abondantes, la pression des deux plaques tectoniques sur lesquelles elles sont placées les pousse vers le haut et elles grandissent de 10mm par année (ça va leur prendre du temps pour être aussi grandes que leurs soeurs européennes…). j’adore les montagnes, eh bien j’ai été servie: il y en avait constamment, aussi loin que les yeux portaient, des montagnes vertes et rondes, des montagnes blanches et hardies, des montagnes jaunes et fatiguées… de toute beauté…

et puis des lacs, des tonnes de lacs, des montagnes de lacs! je vous passe la description des couleurs, mais sachez qu’elles varient du petit bleu poudre au marine profond. avec la quantité de glaciers qu’il y a dans le pays, ça donne des couleurs fantastiques, parfois même irréelles. évidemment, les cours d’eau sont à l’avenant des lacs… et puis la végétation est luxuriante et variée, particulièrement sur la côte ouest qui reçoit énormément de pluie et d’humidité de la mer.

il y a avait bien des moutons, beaucoup de moutons, mais pas autant que je l’imaginais. je pensais qu’ils seraient en liberté, comme en irlande, qu’il faudrait les éviter sur les routes et parfois attendre leur bon vouloir avant de pouvoir passer. mais il n’en est rien, en nouvelle-zélande les moutons ne sont pas libres, ils paissent tranquillement dans leurs enclos et ne viennent pas se jeter sous nos roues. par contre, on voit beaucoup d’autres animaux écrasés: beaucoup de lièvres, de hérissons, quelques oiseaux et de rares chats. mais essentiellement, je crois que ce sont les fameux “brush tailed possum” que nous avons vus écrasés sur les routes. je les vois en photo dans mon guide mais comme ils étaient quelque peu déformés après leur “accident”, je ne suis pas certaine que ce sont eux. ces animaux ont été introduits en nouvelle-zélande et font maintenant des dommages considérables à la végétation. comme toutes les espèces introduites par l’homme dans un nouvel habitat, ça ne donne jamais de bons résultats, mais provoque plutôt de grands dommages à l’écosystème.

il y a peu d’habitants en nouvelle-zélande, 6 millions (un peu moins que le québec ou la suisse), répartis sur deux îles en forme de côtelette d’agneau d’une superficie totale un peu supérieure à celle de l’angleterre (270′000 km2). Les deux îles s’allongent sur 1600 km et guère plus de 400 km de large. c’est un pays très facile à visiter, les distances sont accessibles, les routes sont excellentes et les indications claires. et puis il y a aussi du bon vin, de l’agneau et du saumon à tous les menus, des petits wekas qui viennent vous quémander de la nourriture (un volatile ressemblant à un canard mais avec un bec pointu), des nuages pour agrémenter les grands ciels bleus, des sentiers bien entretenus et aussi des gens charmants (même si leur accent est parfois difficile à comprendre…).

ceux qui aiment bien la nature tranquille seront aux anges, mais ceux qui préfèrent l’adrénalyne peuvent faire tous les sports imaginables relatifs à l’eau, à l’air, à la roche et même à la neige (la nouvelle-zélande devient une destination de choix pour les skieurs qui doivent s’entraîner alors que c’est l’été chez eux). il est aussi possible de voir des baleines et des manchots ou de nager avec des dauphins. et je n’ai même pas vu le parc national abel tasman, dans le nord de l’île du sud, où faire du kayak sur des eaux transparentes semble totalement enchanteur. ni ces intrigantes roches rondes déposées sur le sable de la côte est, près de hampden. je n’ai rien vu du tout de l’île du nord, de ses traditions maoris ou de ses volcans toujours actifs.

de toute beauté, mais…

la nouvelle-zélande est une terre encore vierge et sauvage. ses habitants la préservent avec coeur: autour des petits et grands lacs que nous avons vus, aucune construction ne venait déparer la vue, ils demeurent exempts de présence humaine visible. il y a 14 parcs nationaux et également des quantités de réserves et d’espaces protégés pour assurer la préservation de tous ces joyaux naturels.

mais derrière cette image idyllique, se cache aussi une réalité brutale: les trois quarts des forêts ont été déboisées, on le constate très crûment par endroit où seuls quelques arbres esseulés se dressent encore fièrement sur des kilomètres de collines dénudées… et contrairement à toute attente, les niveaux de pollution au monoxyde de carbon sont très importants dans les villes: on dit que auckland, la capitale, a un niveau de co2 supérieur à celui de londres… et l’image idyllique de la nouvelle-zélande doit aussi être tempérée par les différents articles que j’ai lus dans la presse locale sur la misère dans laquelle vivent beaucoup de jeunes néo-zélandais et par les grandes différences de chances accordées selon l’origine des enfants, maoris ou non…

se déplacer en minibus et pouvoir y dormir était une excellente idée car la saison touristique battait son plein et nous avons constamment vu les indications “no vacancy” le long des routes. il y a des quantités d’endroits, plus ou moins aménagés, où s’arrêter pour dormir avec un camper, au goût de chacun. mais après ce séjour en camping, j’ai hâte de sortir de ma bulle, de quitter les touristes et de rencontrer les habitants de ce nouveau continent, l’australie. à moi l’outback, les pubs enfumés et les routes poussiéreuses!

< deux semaines de vacances

les fourmis >

5 commentaires

  1. haikuboxer, le 26 février 2007 à 11:48 am

    beautiful! thanks for taking the time to write and post. it’s lovely to travel vicariously.

  2. Sabine, le 26 février 2007 à 6:07 pm

    Pis, sinon, cela fait quoi d’avoir la tête en bas ? ;)

  3. Florent, le 27 février 2007 à 1:12 pm

    je voudrais, aussi bien aller en Nouvelle-Zélande et en Australie, tu as une de ces veines … :-)

  4. Emilie, le 6 mars 2007 à 11:58 am

    Yeah j’ai presque tou lu!lol:) Non mais quand j’ai vu “de toute beautée!” j’étais là: -c’est bien le site à nicole!hihi:)” bon encore bon voyage bizz..

  5. Anibal Curutchet, le 7 mars 2007 à 1:39 pm

    Gracias por incluirme entre tantas personas lindas!!!
    Un beso y espero verte nuevamente pronto.

    Chau.

    ANIBAL